cette34

|
Le 2005-01-19 12:50:49
|
Pionnier sort de ses bois pour les grandes occasions
Dans le jargon, on dit généralement qu'il "cire le banc". On prétend aussi qu'il porte les bouteilles d'eau pour les autres, ceux qui ont la chance de fouler régulièrement le terrain de jeu.
Qu'importe, après tout.
Car si Laurent Pionnier n'est pas forcément heureux de sa situation, le gardien remplaçant du Montpellier-Hérault n'est pas du style à se mettre "Martel en tête". « La situation se vit d'autant mieux lorsque les résultats de l'équipe sont bons et c'est actuellement le cas » rappelle le Bagnolais, « certes, je préférerais être plus régulièrement sur le terrain. Mais l'entraîneur doit faire des choix et dans l'intérêt du club, je me dois de les respecter. » C'est donc dans l'ombre de Jodi Viviani que le jeune gardois (22 ans) vit cette saison de tous les espoirs, où l'opportunité de retrouver la Ligue 1 est de plus en plus palpable.
« La concurrence avec Jodi est saine et on doit notamment cela à la psychologie du coach qui sait vraiment s'y prendre avec ceux qui ne jouent pas. Grâce à son discours apaisant, la pilule passe beaucoup mieux et notre motivation à l'entraînement en est décuplée. »
Ce soir, néanmoins, Laurent Pionnier sera sur le devant de la scène. Et quelle scène ! Opposé à une équipe de Monaco toujours aussi impressionnante, du moins sur le papier, le Montpelliérain sait que la soirée pourrait être chaude. Pourtant, pas question de stresser ! « Ce n'est que du plaisir. On va évoluer devant 20 000 personnes, peut-être plus, face au finaliste de la dernière Ligue des champions. L'espace d'une soirée, je vais tout oublier... D'autant que je sais que j'ai l'entière confiance de mes équipiers. »
Calendrier oblige, Laurent Pionnier n'a que très peu l'opportunité d'évoluer en CFA, avec l'équipe réserve. Aussi, c'est avec un manque évident de compétition et de sensations qu'il s'apprête à disputer son cinquième match officiel de la saison. « Rien ne vaut le terrain » assure-t-il, « et cette absence de compétition peut représenter un problème. Mais ai-je vraiment le choix ? Jean-François Domergue me fait confiance et je me dois d'être à la hauteur. Pour moi, mais surtout pour le club, qu'un nouvel exploit en coupe de la Ligue propulserait sur le devant de la scène. »
Excellent face à Besançon, lors du premier tour (1-0 a.p.), parfois coupable contre Reims (3-1) et rassurant face au Paris Saint-Germain (1-0), le jeune gardois n'ose même pas imaginer que son équipe n'est aujourd'hui qu'à deux victoires d'une finale de coupe de la Ligue. « Soyons réalistes et ne nous enflammons pas outre mesure. Monaco, c'est encore autre chose par rapport au PSG. Bien sûr, certains de mes équipiers ont l'espoir que Didier Deschamps fasse tourner son groupe car Monaco doit encore jouer la Ligue des champions.
Mais lorsque l'on regarde l'effectif, on se dit que quoi qu'il décide, cette formation aura belle allure. Après tout, Adebayor-Camara ou Chevanton-Nonda, il n'y a pas grande différence. Surtout que derrière, il reste Saviola ou Kallon. » Laurent Pionnier, pour sa part, a déjà choisi. Et à tout prendre, il préférerait un Monaco des grandes occasions.
Justement, en matière de choix, le gardien héraultais en a fait un autre. Qui l'honore véritablement. En effet, à la question "préférez-vous remporter la coupe de la Ligue avec un Pionnier intraitable ou accéder à la Ligue 1 avec un Viviani indiscutable ?", la réponse du Gardois est sans équivoque. « Mon choix est celui du club. Et pour Montpellier, retrouver l'élite au plus vite est un objectif prioritaire. C'est donc très clair dans mon esprit. Je préfère perdre ce soir, ou lors du prochain tour et que Montpellier obtienne le droit de retrouver l'élite. »
Avec deux tels gardiens de but, pourquoi ne pas rêver au doublé ?
Monaco, profil bas à La Mosson
Roma, Givet, Squillaci, Evra, Maicon, Zikos, Saviola : La liste des joueurs laissés au repos, ce soir, par Didier Deschamps fait frémir. Surtout si l'on y ajoute celle des blessés de renom (Nonda, Chevanton). En version A', ce Monaco-là cesse-t-il de faire peur ? Pas sûr si l'on en croît la réputation des Rodriguez, Bernardi, Plasil, Kallon et autre Adebayor, chargés d'expédier les affaires courantes.
Il n'empêche... Même privé de Mansaré (suspendu), son agitateur professionnel, Montpellier peut voir dans cette distribution de départ l'occasion de réécrire le scénario parisien. Et de s'inviter en demi-finale comme un grand qu'il semble être redevenu en ce début d'année. Quatre jours avant le sommet de Ligue 2 contre le leader nancéen à la Mosson, certains verraient dans ce festin de roi comme des airs d'heure de vérité.
Domergue, lui, nous arrête en plein élan. Heureux, certes des deux victoires consécutives sur Angers et Lorient, qui procurent un certain confort au classement (3e), l'entraîneur montpelliérain ne déroge pas à sa règle de l'humilité et de la remise en cause permanente : « Nous penserons à Nancy plus tard. Pour le moment, savourons ce match comme une récompense, même si son résultat aura une influence pour la continuité de nos performances et notre confiance. Conservons nos vertus collectives pour éviter un malheur. »
En clair, une valise, qui ne préparerait pas au mieux les équipées à venir, comme mercredi à Guingamp. Cette crainte n'incite cependant pas Domergue à modifier son schéma habituel en 3-5-2. Vu l'étendue des défections monégasques, il aurait tort.
« L'équipe est bien en place, a trouvé un certain équilibre dans ce schéma. Les joueurs y ont aussi leurs certitudes. »
A part le retour de Darbion à gauche pour supléer Mansaré et une tournante possible entre Cissé et Lafourcade en pointe, Montpellier restera donc fidèle à ses certitudes. Celles d'une équipe encore limitée techniquement mais sûre de son jeu et de ses ressources mentales. Entre une victoire sur Nancy dimanche, et une place en demi-finale de Coupe de la Ligue, avouez que le choix serait cornélien. Alors, autant tout prendre...
---------------------- fier d'etre lillois |
|