cette34

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Le 2005-04-30 08:28:51
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La finale de la Coupe de la Ligue oppose ce soir deux équipes qui trouveront facilement leur sommeil même si elles perdent ce match. Caen et Strasbourg sont prêts à abandonner le trophée et la place en Coupe de l'UEFA qui va avec. Les entraîneurs l'ont dit. Une condition, cependant : qu'ils aient, en contrepartie, la garantie de se maintenir en L1 dans un mois, quand viendra la dernière journée de Championnat et, peut-être, le temps des nuits blanchies par l'angoisse de la descente. Heureusement pour l'intérêt du spectacle et la morale sportive, l'alternative ne se pose pas en ces termes. En fait, elle n'existe pas. Mais elle cerne crûment ce que représente la Coupe de la Ligue, dix ans après sa création, pour deux clubs français moyens, et par extension pour tous les autres, qui n'ont pas pu les empêcher d'être là à leur place.
Il n'en est pas ainsi partout. En Angleterre, la League Cup a donné lieu à une finale au couteau entre Chelsea et Liverpool (3-2 a.p.), aujourd'hui demi-finalistes de la Ligue des champions. Avec Caen - Strasbourg, la LFP pouvait difficilement imaginer affiche plus adaptée pour conforter dans leur scepticisme ceux qui voient en cette "coupe des pros" la coupe de trop. La Coupe de France s'était déjà achevée, récemment, sur quelques duels sans prestige (Lorient - Bastia en 2002, Strasbourg - Amiens en 2001, Nantes - Calais en 2000). Jusqu'ici, la Coupe de la Ligue, plus rémunératrice, avait échappé au phénomène. Or, aujourd'hui, tout se passe comme si la concurrence entre les deux coupes avait neutralisé l'intérêt que peuvent leur porter, à l'une comme à l'autre, les équipes bâties pour briller en Championnat et en Coupe d'Europe. Difficile d'imaginer qu'il puisse en être ainsi éternellement.
Strasbourg favori après le 5-0 de février ?
Pour Strasbourg et Caen, le problème n'est pas là. Ils se moquent éperdument de ce phénomène, fût-il préoccupant pour le niveau des compétitions nationales, et le vainqueur s'apprête à en profiter à tout point de vue. Aucune des deux équipes n'a, du reste, volé sa place en finale. Un possible Monaco - Saint-Etienne avait fait saliver la France du foot au moment des demi-finales, mais les présumés grands noms n'ont pas su se mettre à la hauteur de l'événement. Une partie du mérite en revient au club alsacien (par ailleurs tombeur de Lille) et au club normand (vainqueur aussi d'Auxerre et Sochaux, le tenant du titre), auteurs de parcours irréprochables. «Qui dit que c'est une finale au rabais ?, s'énerve à ce sujet l'attaquant caennais Sébastien Mazure. Les journalistes, les commentateurs... Notre place, on ne la doit à personne, et Strasbourg a fait son parcours lui aussi. C'est une finale un point c'est tout ».
De son côté, le président Thiriez, que la défense de ce trophée passionne, ne se lassera jamais de dresser quelques comptes pour régler les siens avec ses pourfendeurs. «Pourquoi voulez-vous que je supprime une épreuve qui fait venir chaque année cinq cent mille spectateurs dans les stades et attire cinquante millions de téléspectateurs ? Chaque saison, le record d'affluence est dépassé, déclarait-il il y a dix jours dans L'Equipe. (...) On me dit que Caen - Strasbourg n'est pas une belle affiche, mais le stade est plein depuis le début du mois ! » En l'espèce, les deux équipes ont prouvé, dans un passé proche, qu'elles ne condamnaient pas les spectateurs à une partie serrée et sans âme comme la L1 en a fourni tant cette année.
Trois jours après leur qualification pour la finale, le 5 février, les deux équipes s'affrontaient en Championnat à la Meineau. Le RC Strasbourg avait infligé à Caen un mémorable 5-0 dont les effets ne se sont peut-être pas estompés. «Ce sera du 50-50, tempère pourtant Jacky Duguépéroux, entraîneur strasbourgeois. Caen n'est pas là par hasard. Nous, nous avons eu la chance de jouer la plupart des matches à domicile. Vu nos performances à l'extérieur cette saison, c'était mieux !». Et même si la L1 reste prioritaire dans l'esprit de tout le monde, Strasbourgeois et Caennais veulent croire que l'avenir leur sourira s'ils gagnent samedi. «Cette finale c'est de la pression positive, c'est du bonheur, dit Mazure. Un bonheur qu'on vit pleinement car on a tout à gagner. C'est important dans la carrière d'un joueur». Dans l'hypothèse d'un match aussi spectaculaire que la dernière fois, ce le serait aussi pour la carrière de la Coupe de la Ligue. Jusqu'ici, elle a surtout séduit ses anciens vainqueurs.
---------------------- fier d'etre lillois |
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