cette34

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Le 2004-11-17 10:25:21
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René Girard ou le simple discours d'une méthode
Ses souvenirs pourraient contenir dans un beau livre d'Histoire. L'histoire des Bleus d'avant la victoire en Coupe du monde. Celle des Platini, des Tigana, des Giresse, des... Girard. C'était dans les années quatre-vingt, si proches, si loin.
Oui, René Girard, à la fois milieu de terrain et joueur de l'ombre, a fait partie de cette génération de footeux à qui il aura manqué le titre suprême pour être statufiés. Aujourd'hui, les tempes ont blanchi, le cheveu s'est raréfié mais la silhouette reste affinée.
René Girard, 50 ans, porte beau le survêtement tricolore des Bleus. Pas ceux d'en haut, non ceux d'un peu plus bas. Entre les jeunes et les A, il y a les Espoirs. Donc de la vie. « C'est l'antichambre du très haut niveau mais entre les deux, c'est un autre monde. »
Depuis hier, cette France de demain, a posé sacs et valises à Sète pour une unique représentation (amicale) contre les Pays-Bas. Et René Girard annonce la couleur : « L'adversaire offre la garantie d'un football propre et ouvert. Nous poursuivons ainsi notre série de matches amicaux contre de grandes nations de football. Précédemment, nous avons rencontré l'Espagne. » Olé !
L'objectif des Espoirs, c'est 2006 avec le championnat d'Europe de la catégorie (21 ans). D'ici là, il faut se qualifier selon un système copié-collé chez les Bleus de Domenech : finir leader ou deuxième de sa poule face aux mêmes adversaires, Chypre, Israël, Eire et Suisse. Et on en est où au classement ? « Trois matches, trois victoires et une première place à la clé », rappelle René Girard. « Certains trouvent les scores un peu étriqués (trois fois 1-0) mais à chaque fois nous avons réalisé des matches complets, on produit du jeu. On constate dans notre équipe une solidité défensive et une volonté d'aller de l'avant mais maintenant nous travaillons sur l'efficacité... » D'où l'intérêt des matches amicaux, opportunité idéale pour se lâcher. Et marquer.
Hier à Troyes, aujourd'hui à Sète, demain à... « officiellement notre stade de base est à Troyes, précise le coach. Le règlement de l'UEFA stipule que les Espoirs en match officiel ne doivent pas jouer à plus de 100 kilomètres de l'endroit où se produisent les Bleus. Géographiquement, Troyes correspond à cette distance par rapport à Paris. C'est la raison pour laquelle nous ne jouons pas souvent dans le sud de la France. » Et l'on peut comprendre que René Girard, gardois de Saint-Gilles, le regrette.
La vie de René Girard à la tête des Espoirs glisse comme le Gardon dans son lit. Pas de rumeur, pas d'état d'âme de la part des joueurs et une presse d'un calme assourdissant ! Le calme après la tempête du capitaine Lemerre dont René Girard fut l'adjoint : « Après le retrait de Roger, j'ai été candidat à la succession. Pour moi, c'était la suite logique d'un plan de carrière. J'ai passé de bons et grands moments avec Roger au c€ur même d'une équipe qui a tutoyé la perfection. Mais être adjoint ne suffisait plus à mon bonheur, j'avais envie d'exister autrement et de faire passer directement un message. La Fédé a préféré Jacques Santini et moi je me suis occupé des moins de 16 ans. » Pas de commentaire.
On sent dans les propos de René Girard de la retenue, peut-être même le goût de l'amer. Sous contrat avec la Direction Technique Nationale, il respecte un droit de réserve. Mais il y a des phrases, comme ça, qui contiennent certains messages :
- « Il faut avoir un objectif et un projet de jeu partagés. Après, chacun doit assumer. Il faut respecter une sorte de contrat moral entraîneur-entraînés. »
- « Il faut expliquer les choses aux joueurs mais tout ne se justifie pas. »
- « La personnalité d'un sélectionneur est directement tributaire du résultat de son équipe. »
- « Un sélectionneur doit agir en fonction de ses idées et non en fonction de celles des autres. La pression est énorme mais il faut résister à la pression. »
Finalement René Girard avait le profil d'un sélectionneur. Sait-on jamais.
---------------------- fier d'etre lillois |
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