cette34

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Le 2005-10-06 17:21:46
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article paru dans le Midi Libre aujourdhui
Le football suisse se met à l’heure du Mondial 2006
Certaines images d'Épinal - ou d'ailleurs - ont la vie dure. Par exemple, quand on pense Suisse, on voit tout de suite la neige, le gruyère, le secret bancaire, Rousseau, le chocolat, les vaches, la lenteur, les cantons, la Croix-Rouge, Guillaume Tell, la propreté, les horloges, la neutralité, un edelweiss, les référendums.
Le genre d'inventaire à faire pâlir d'envie les inconditionnels de Prévert...
Bien sûr, et tant mieux, c'est encore tout cela la Suisse. Mais plus seulement. Ce petit pays, niché au cœur d'une Europe dont il ne veut surtout pas faire partie, est, en effet, en pleine évolution.
Et le sport n'échappe pas à cette règle. Mieux même, il est désormais perçu comme un des moteurs du grand changement. Depuis une dizaine d'années, grâce à la qualité de ses champions, on parle en effet, enfin, d'une Suisse qui gagne, et plus uniquement sur les pistes de ski...
Federer survole le tennis mondial. A la barre d'Alinghi, les marins helvètes (!) remportent la dernière coupe de l'America. Lambiel devance le Français Joubert aux mondiaux de patinage, il y a quelques mois. Quant à l'équipe nationale de football, elle participe en 2004 à l'Euro portugais et est en tête de son groupe qualificatif pour le Mondial 2006 en Allemagne... devant l'équipe de France.
Une réussite telle que les patrons suisses ont décidé d'appliquer dans leurs entreprises les méthodes de management sportif. Le monde à l'envers !
Très longtemps, les sportifs suisses ont vécu avec le même sentiment d'infériorité que celui qu'a connu la France vis-à-vis de l'Allemagne. Maintenant, les "petits" Suisses sont décomplexés. Il est loin le temps où les Chapuisat, le père au Paris FC, le fils en Allemagne, et Barberis à Monaco, étaient les seuls représentants du foot helvète à pouvoir s'exporter.
En fait, en football, tout a changé après les qualifications de la Suisse pour la Coupe du monde américaine de 1994 et pour l'Euro anglais de 1996. A ce moment-là, les dirigeants ont compris qu'il fallait structurer la formation pour que leurs équipes rivalisent avec les meilleures. Cependant, à la différence de la France, ce n'est pas dans les clubs - hormis Bâle et les Grasshopers Zurich - mais dans cinq structures régionales, les pôles de chez nous, que les jeunes "ballonneurs", regroupés à 25, apprennent leur métier.
De plus, d'après l'entraîneur du FC Zurich, Lucien Favre, la réussite des footballeurs suisses est également due au fait qu'ils sont lancés très tôt dans le bain : « On n'attend pas qu'ils aient 20 ans pour les faire jouer en équipe première. De toute façon, avant la formation, l'important est de savoir dénicher les perles rares. Et puis, nos jeunes partent en sélection 60 ou 70 jours par an, pendant lesquels ils affrontent leurs homologues italiens, hollandais ou anglais. »
Ainsi arrive à maturité la génération des 17 ans vainqueurs de l'Euro en 2002, année où les Espoirs ont, eux, atteint les demi-finales. A tel point que les clubs français s'arrachent ces jeunes talents.
Cette saison, pas moins de huit joueurs helvètes - un record - ont débuté leur saison dans le championnat de France. Aux côtés d'Alexander Frei, la star, meilleur buteur de la Ligue 1 l'an dernier, pour le compte de Rennes où Rochat l'a rejoint, Gygax et Lichtsteiner ont signé pour Lille, Bülher et Lonfat sont à Sochaux, Grichting à Auxerre tandis que Chiumiento a rejoint Le Mans.
« Pour continuer à progresser et pour hausser le niveau de la sélection nationale, il nous faut intégrer les championnats français, très technique, ou allemand, plus physique. Chez nous, il n'y a que cinq ou six clubs compétitifs », lâche le néo-Lillois Lichtsteiner. Ambitieux et réaliste, le défenseur !
C'est en usant ses crampons à l'étranger qu'on devient meilleur footballeur. Les internationaux français en savent quelque chose, eux qui font les beaux jours de la Liga, du Calcio et de la Bundesliga. Et puis, les faillites récentes du Servette de Genève, de Lausanne ou de Lugano ont incité les meilleurs à fuir un football qui, en club, commençait à vivre au-dessus de ses moyens. Aujourd'hui, le plus gros budget - Bâle, 20 M€ - correspond à celui du Mans.
Le tir a donc été rectifié et quelques valeurs fondamentales retrouvées. Ainsi, Thoune, petite équipe du Haut-Pays bernois aux minuscules moyens, second du championnat... derrière Bâle, joue la Ligue des champions contre Arsenal, l'Ajax d'Amsterdam et le Sparta Prague. Toujours est-il que le 26 mars dernier, les Suisses ont bougé les Bleus - certes sans Zidane, Thuram ni Makelele - et obtenu un résultat nul (0-0) tout à fait logique. Trois victoires (Chypre deux fois et Iles Feroé) et un match nul (face à Israël) plus loin, les voilà aux frontières de l'Allemagne.
Siège de la FIFA et de l'UEFA, la Suisse organisera, avec l'Autriche, l'Euro 2008.
Un vrai pays de foot...
---------------------- fier d'etre lillois |
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