capacite
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Le 2005-05-10 23:08:43
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Micheline Etienne
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Extrait :
Elles ont été (ou sont) pionnières dans la profession !
Micheline Etienne
Septième femme notaire
Blonde, de grands yeux bleus très doux, Micheline a pris sa retraite il y a quelques années. Elle est un peu nostalgique de sa période professionnelle, mais reste quand même très active puisque nous nous sommes rencontrées dans le train qui allait à Antibes en avril dernier, pour aller au congrès du Syndicat des Notaires.
A la question relative à son parcours, Micheline nous répond: "Mon parcours? Il a été long car je suis née dans une famille paysanne de Lorraine où nous étions 9 enfants. Mes parents avaient 50 hectares et nous les cultivions nous-mêmes. J'ai donc appris la valeur du travail très jeune. Les études? Je n'ai pu les faire au-delà du Certificat d'Etudes car il fallait "gagner sa vie" et le plus tôt possible. J'ai donc travaillé comme ouvrière agricole pendant une quinzaine d'années, je me suis mariée et j'ai eu 4 enfants. A 30 ans, je me suis retrouvée seule avec la charge des enfants et j'ai décidé de suivre des cours chez Pigier pour devenir secrétaire. C'est alors que je me suis trouvée, un peu par hasard, embauchée par un office notarial où je faisais un peu toutes les tâches. D'ailleurs, à l'époque, on dénommait cette fonction "saute-ruisseau", ce qui exprimait bien le rôle de la personne qui a pour tâche principale de faire les courses de l'office à l'extérieur. Au bout de 6 mois, un des notaires qui avait remarqué mon acharnement au travail m'a appris que, si j'étais courageuse, je pouvait grimper les échelons, devenir clercet, même, éventuellement, notaire. Là, je me suis dit :"Allez, on y va". Et, en 10 ans, je les ai grimpés les échelons, tout en travaillant pour nourrir la petite famille : j'ai fait 3 offices de régions différentes et obtenu d'abord la Capacité en Droit, puis la Licence, la Maîtrise et le Diplôme de notaire par les Unités de Valeur et le Grand Oral. Bien entendu, ça n'a pas été facile tous les jours: j'en ai passé des nuits, des week-end et des vacances à potasser. Mais j'y suis arrivée et ça a été une immense fierté!"
Quand vous êtes-vous installée Micheline?
"peu de temps après, 1978. Mais j'ai eu beaucoup de difficultés car, non seulement j'étais une femme (il y avait encore très peu de femmes notaires installées) mais, en plus, j'avais très peu de moyens financiers. Le mieux aurait été pour moi de traiter en Alsace-Moselle, région où j'ai débuté dans la profession par le biais du concours, ce qui m'aurait permis une installation sans avoir besoin de financement. Mais à l'époque, le concours était interdit aux femmes! Alors j'ai dû changer de région et trouvé un petit office rural dans le Cher. J'y ai travaillé avec un comptable et une secrétaire durantn 9 ans. Petit à petit j'ai remonté cet office qui était en perte de vitesse à mon arrivée. Et puis, j'ai ensuite vendu et changé de région pour m'installer à Craon, en Mayenne. Là, j'étais bien mieux et j'ai pris part à pas mal d'activités de la profession, notamment à la Chambre où j'ai exercé la fonction de Trésorier. On m'a même proposé d'être Président de la Chambre, mais je n'ai pas accepté. Ca aurait été trop. Finalement, j'ai pris ma retraite après 5 ans dans cet office.
Bravo Micheline! Quelle leçon de courage et de persévérance! Pensez-vous qu'il y aura encore des destins comme le vôtre dans la profession?
"Oui, j'en suis certaine car il est encore possible par le biais de la formation continue, si on a beaucoup de volonté et même si on a peu de moyens financiers, de grimper petit à petit les échelons et de s'installer, même si on est femme et chef de famille. La volonté permet de vaincre toutes les difficultés. Mais il faut aussi, quand on croit avoir enfin réussi, garder le sens de l'éphémère car le destin peut venir frapper très vite..".
Et maintenant, Micheline, que faites-vous dans la vie et quels sont vos souhaits?
"Eh bien, je travail pour le Syndicat des Notaires et la Revue Ventôse. C'est ainsique je viens d'écrire un article sur George Sand paru dans le numéro de mai et que j'en prépare un autre sur la croix de Lorraine. Ca me passionne et me sort de La Châtre où je vis, mais où je m'ennuie un peu. Je viens souvent à Paris voir mes petits-enfants, mes amis notaires et visiter des expos. A part ça, j'ai un regret : j'aurai tant aimé avoir l'honorariat, mais il me manque 18 mois d'exercice pour cela (il faut 20 ans d'exercice de la profession et je n'en ai que 18 et quelques!). En 1999, j'ai écrit au garde des Sceaux pour obtenir une dispense, mais je n'ai même pas reçu de réponse. Je me demande si je ne devrais pas refaire une demande?"
Et vous, qu'en pensez-vous, lecteurs du notariat? Vous ne trouvez pas qu'elle l'a mérité son honorariat?
Source :
http://www.mjn.fr/data/revue2004-2.pdf
--- Edité par capacite le 11-06-2005 à 22:30 ---
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