capacite
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Le 2006-02-28 12:32:21
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David SALAIGNAC
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Extrait :
Le timonier devient menuisier
Après la terminale, j’ai suivi les cours de l’école des Arts appliqués de Bordeaux pendant trois ans, et j’ai trouvé un emploi dans un studio de création publicitaire à Paris, raconte David Salaignac, 39 ans. Mais le pays me manquait et je suis redescendu sur la côte basque, où j’ai travaillé comme maquettis-te dans une entreprise de cartonnage.Mais c’était mal payé.J’ai repris des études le soir, et passé une capacité en droit. Finalement, je me suis engagé dans la Marine nationale. Rien d’extraordinaire dans une famille qui compte des militaires… J’ai navigué pendant huit ans, surtout dans l’océan Indien, avec des escales sur des théâtres d’opération chauds comme l’ex-Yougoslavie ou la Somalie. « En 2000, je suis rentré au pays où j’ai travaillé dans l’hôtellerie. Mais en 2003,après la marée noire du Prestige, je me suis retrouvé au chômage. J’ai monté un projet de librairie marine à Saint-Jean-de-Luz, mais j’ai dû renoncer, faute de financements suffisants.C’est alors que je me suis demandé quels sont les secteurs qui recrutent, que j’ai pensé au bâtiment et que j’ai regardé quels métiers pourraient me convenir, sachant que je suis plutôt manuel… En consultant le site Internet de l’AFPA, j’ai vu qu’elle proposait une formation de menuisier d’agencement en dix mois. La première session accessible s’ouvrait à Colmar au début de novembre 2004. La place suivante, c’était sept mois plus tard à Limoges. Je suis donc parti pour l’Alsace. « J’ai découvert une région que je ne connaissais pas, un bon centre de forma-ion, bien entretenu, et un formateur remarquable: Thierry Florence. Ébéniste de formation, il a l’amour du métier et sait le transmettre. Il a surtout un côté humain formidable. Former seize stagiaires âgés de19 à 51 ans, issus d’horizons différents – certains avec des parcours très durs –, ce n’est pas facile… Pour moi, l’expérience a été intéressante, mais avec une difficulté : l’éloignement. Il fallait 11 à 17 heures de train pour chaque trajet, et débourser 200 € par voyage, sans autres ressources que l’allocation des Assedic. Je ne rentrais qu’une fois par mois.« J’ai donc cherché à faire les deux stages pratiques dans ma région. Pour trouver le deuxième, j’ai pris les pages jaunes de l’annuaire en commençant par l’entreprise la plus proche de chez moi. C’était “Charpente et menuiserie de la Nivelle”, qui m’a accepté. » Philippe Robin, l’un des deux cogérants de cette entreprise de six salariés sise à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées Atlantiques), confirme: « Nous cherchions à recruter. Notre carnet de commandes est plein sept mois à l’avance. Pendant les trois semaines de stage, David a prouvé qu’il avait reçu une bonne formation, qu’il avait les bases et qu’il apprend très vite. Surtout, il est très volontaire. Je lui ai donc proposé de revenir dès la fin de sa formation. Après une semaine de repos, il a été embauché le 19 septembre. » « Je me considère toujours en formation, estime David, même si je suis en net progrès et que je gagne en autonomie de mois en mois. Les quinze premiers jours ont été durs, j’avais des courbatures partout. Je fabrique des portes,des fenêtres, des parquets, des aménagements de cuisine oud e dressings et je vais les poser chez les clients. J’ai de la chance que ce métier, bien que choisi un peu au hasard, me plaise. »U n regret ? « Oui, que l’ANPE ne m’ait pas proposé une reconversion plustôt. J’étais titulaire d’un brevet d’aptitude technique de timonier et ils ne prospectaient que dans ce secteur. J’ai dû trouver la formation par moi-même. » Par contre, pour Philippe Robin, la même agence locale de Saint-Jean-de-Luz a été « de bon conseil » au moment du recrutement. « Elle nous a orientés vers un contrat nouvelle embauche en CDI, qui permet 20 % d’abattement sur les charges patronales pendant deux ans, le temps nécessaire à l’adaptation du nouveau salarié. » Ensuite ? David Salaignac songe à fonder un jour sa propre entreprise. « J’aurais peut être mieux fait d’opter pour la plomberie, il faut moins de capital au départ ? », s’interroge-t-il. Le point de chute n’est pas fixé non plus. Ce sera le pays Basque… ou peut être le Brésil, pays d’origine de son épouse, avec qui il attend son premier enfant. Qui vivra verra.
Source :
http://www.faf-sab.com/getDocFromDb.asp?id=2845
--- Edité par capacite le 28-02-2006 à 12:39 ---
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