Yoan
What a fucking joke


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Rang : Soliste de Jimi Hendrix |
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Le 2008-09-28 17:49:43
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Il n'y a eu de réel travail studio qu'à compter de "Freak show", très supérieur à "Frogstomp" sur ce point, même si l'on a tendance à mettre ces deux disques dans un seul et même panier.
L'humilité et la fraîcheur du premier album des Chair demeure d'ailleurs aujourd'hui encore son principal atout, parce qu'il n'en a jamais été fait mystère : il a été mis en boîte très rapidement, et jamais les membres du groupe n'ont feint d'être des spécialistes en termes de production, mixage ou arrangements : ils ne l'étaient pas. Ils se sont pointés là comme les lycéens qu'ils étaient encore, fort d'une alchimie live insolente, mais avec la naïveté et l'ignorance de leurs jeunes années. Ça s'entend vraiment sur le disque, il respire la spontanéité, et n'a d'autre ambition que de restituer l'énergie du live.
L'expérience d'une première tournée mondiale très positive dans leur besace, ils reviennent plus ambitieux sur un "Freak Show" qui sonnera du tonnerre. Andy Wallace au mix', on peut trouver ça un peu trop cliquant à certains égards, mais c'est une sacrée référence. Je pense en tout cas que la puissance du disque doit énormément au travail conjugué de Launay et Wallace, qui ont parfaitement compris comment des titres tels que "Freak" ou "Slave" devaient sonner.
Mais c'est surtout le disque au travers duquel Silverchair passera avec brio l'épreuve des morceaux dits "orchestraux", via les excellents "Cemetery" et "Petrol And Chlorine", qui ont en plus le mérite de ne pas dépareiller du reste de la Tracklist. On sous-estime trop souvent cet album à mon sens, que je préfère assez nettement à "Frogstomp" pour ma part.
"Neon Ballroom" peut être au choix considéré comme le début d'une entreprise de démolition, ou de reconstruction. Il a redéfini Silverchair sur tous les plans, et Dan s'est cette fois largement impliqué dans le processus d'enregistrement. Il est d'ailleurs à noter que "Ana's Song" fut rajoutée sur le tard, ce qui peut expliquer pourquoi sur les vidéos dont tu laisses un lien, ils bossent encore certaines parties comme s'ils découvraient le titre. C'était probablement un peu le cas.
Cela dit, malgré le caractère extraordinaire du disque, tant dans la composition que les arrangements ou la production, il demeure quelques imperfections qu'avait déjà soulignées Chairman il me semble. On entend effectivement un peu trop les overdubs, et certains effets demeurent encore un peu artificiels. Un grand album donc, mais qui n'est pas sans défauts.
Après, si on veut parler du jeu du groupe et plus particulièrement celui de Johns, c'est déjà un autre sujet. Mais la "puissance" que tu décris, notamment dans son chant, est paradoxale : il n'a jamais été aussi "faible" qu'en 99. Il compensait par une maîtrise technique de sa voix très largement améliorée, et une implication passionnelle déchirante. Quant à "Spawn again", je continue de clamer qu'il s'agit d'un exploit tant l'interprétation rageuse qu'il en fait est destructrice.
"Diorama" est quasi-parfait, et je risque de manquer d'objectivité sur ce disque pétrifiant d'inspiration. Le choix de David Bottrill à la prod' est à la fois audacieux et judicieux, pour un disque aussi dense qu'aventureux, et qui nécessite de viser juste sur tous les plans, sous peine de foirer méchamment ses effets. Le talent de Van Dyke Parks aidant, il s'agit là pour moi du chef-d'œuvre du groupe, dans l'appellation stricte du terme.
Dan est crédité en tant que co-producteur, ce qui résume bien l'importance qu'a désormais prise pour lui le travail studio.
Enfin son chant sur ce disque relève du miracle absolu, et j'ai fini par me dire qu'il n'était décemment possible de toucher ainsi au sublime que de façon éphémère.
"Young Modern" a beaucoup fait parler de lui sur des topics voisins, donc j'irai vite. J'ai personnellement quelques regrets, sur des morceaux qui manquent à mon sens un poil de pêche. Peut-être aurais-je d'ailleurs rejoins Nick Launay qui semblait vouloir orienter la production du disque sur d'autres voies, avant de se voir plus ou moins congédié au profit une nouvelle fois de Bottrill, crédité au mix'.
Par souci de cohérence avec l'aspect moderniste de l'album, les sonorités typiquement rock sont contrebalançées par des choix surprenants : batterie au rendu volontairement artificiel, claviers oldies et prod' un peu froide par endroits. Dans la droite lignée de la pochette se dit-on.
Mais l'album garde du coup une identité très forte, et confirme l'une des - nouvelles - grandes qualités du groupe : l'enregistrement d'un disque est lui aussi sujet à invention, et ils n'en négligent plus aucun aspect. En résulte un album atypique, largement réfléchi, et en marge des productions interchangeables qui s'accumulent dans les bacs.
--- Edité par Yoan le 28-09-2008 à 17:54 ---
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